Dossier authentique, publié avec l'accord des personnes défendues et intégralement caviardé. Lire l'avertissement complet.
- 1Comment tout a commencé
- 2La déclaration de guerre
- 3Le cauchemar
- 4Première contre-attaque
- 5Premier retour de bâton
- 6Deuxième contre-attaque
- 7La décision qui renverse tout
- 8Rendez-vous à l'aube
- 9Les réactions
- 10Les suites

Chapitre 4 sur 1025 avril - 1er mai
Du samedi au vendredi suivant
Esperanza m'appelle de l'étranger le samedi. Elle est dans tous ses états. Aucun vol avant le dimanche soir ; je lui propose de la recevoir le lundi à la première heure, ce qu'elle fait.
Je consulte les pièces qu'elle m'apporte. Le risque qu'elle perde définitivement son appartement, avec l'attestation qu'elle a signée, n'est pas exclu. Il faut frapper fort et vite, pour éviter que ne s'installe un rapport de sous-location. Celui-ci serait dangereux par les délais qu'il imposerait s'il fallait le résilier régulièrement, et il ne manquerait pas de créer des difficultés à Esperanza auprès de son bailleur.
Invoquer le caractère fictif de l'attestation n'est pas non plus sans risque, si l'on devait retenir que ce document visait à obtenir une prestation de l'État en faveur de cet individu. Nous avons décidé de jouer cartes sur table sur ce point aussi : l'intention de Esperanza n'était pas celle-là, mais de se débarrasser au plus vite de son ex-compagnon, quitte à lui fournir les documents qui lui permettraient de trouver un autre logement.
Avant d'écrire, je suis allé rencontrer Luciano et les deux enfants mineurs, le lundi soir, pour m'assurer que l'histoire qu'on me racontait était véridique. Elle l'était. Il avait même l'arrogance de celui qui vient de gagner la partie par échec et mat. Je lui ai tout de même demandé de reprendre sa place dans la pièce qui avait été aménagée pour lui et de rendre sa chambre à Esperanza, ce qu'il a accepté. Je me suis assuré qu'aucun membre de la famille n'était en danger physique du fait de cette promiscuité imposée.
Nous nous constituons le 29 avril. La requête en modification est déposée le 1er mai. Elle demande la révocation pure et simple des mesures du 23 avril, l'expulsion de Luciano, l'interdiction de pénétrer dans les lieux, le tout sous la menace de l'art. 292 CP, et l'autorisation de faire ouvrir la porte par un serrurier si nécessaire. Le chargé comprend les attestations écrites des enfants, qui disent qui dormait où.
C'était le premier coup de la contre-attaque. Et la partie, cher Monsieur, n'était pas terminée, n'en déplaise à ce que vous ont dit l'ASLOCA et ChatGPT, que vous m'avez confié avoir consulté.